EN BREF
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Treize fermes de la région Chaudière-Appalaches ont pris part à un projet novateur visant à s’adapter aux impacts des changements climatiques tout en améliorant leur bilan carbone. Initié par la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches, ce projet a permis aux agriculteurs d’évaluer les menaces climatiques spécifiques à leurs exploitations, de réaliser un bilan carbone et d’élaborer un plan d’action adapté pour renforcer leur résilience climatique. Grâce à l’accompagnement de conseillers en agroenvironnement, les fermes participantes ont bénéficié de conseils sur la séquestration du carbone et les opportunités de participation au marché du carbone. Les résultats, publiés dans une technote, serviront de référence pour d’autres exploitations souhaitant engager une transition vers des pratiques plus durables.
Les changements climatiques posent des défis considérables pour l’agriculture, affectant la production, la pérennité des exploitations et l’environnement. Dans la région de Chaudière-Appalaches, treize fermes se sont engagées dans un projet novateur afin de renforcer leur résilience face à ces enjeux croissants. Menée par la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches, cette initiative a pour but d’évaluer l’impact des changements climatiques sur les exploitations agricoles et de mettre en place des mesures d’adaptation tout en améliorant le bilan carbone. Cet article explore les résultats de ce projet et les mesures concrètes prises par ces fermes pour se préparer aux futurs défis climatiques.
Un projet ambitieux pour l’adaptation des fermes
Le projet, intitulé Adaptation des entreprises agricoles de la Chaudière-Appalaches aux changements climatiques, a été conçu pour soutenir les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques durables. Les principales objectifs de cette initiative incluent le renforcement de la résilience climatique des exploitations, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et la promotion de la séquestration du carbone dans les sols.
Au fil du projet, les fermes participantes ont bénéficié d’un accompagnement par des conseillers en agroenvironnement, qui ont réalisé une série de diagnostics. Ces évaluations ont permis d’identifier les menaces climatiques spécifiques auxquelles chaque ferme faisait face, tout en dressant un bilan carbone prenant en compte les émissions de GES et la séquestration du carbone.
Les étapes clés du processus d’adaptation
Évaluation des menaces climatiques
L’une des premières étapes du projet consistait à évaluer les menaces climatiques pesant sur chaque exploitation. Les conseillers ont analysé le climat local, tenant compte des variations de température, de l’humidité et des précipitations, afin d’identifier les risques potentiels. Cette évaluation a été cruciale pour établir une base solide sur laquelle construire les plans d’adaptation.
Bilan carbone et séquestration
Les résultats du bilan carbone ont mis en lumière l’importance de la séquestration du carbone dans les pratiques agricoles. Certaines fermes ont commencé à adopter des méthodes visant à améliorer la qualité de leurs sols, réduire le travail du sol, et augmenter la couverture végétale. Ces pratiques favorisent non seulement la séquestration du carbone, mais améliorent également la santé du sol, crucial pour la production alimentaire durable.
Élaboration de plans d’action adaptés
Sur la base des diagnostics et des bilans carbone, chaque ferme a élaboré un plan d’action sur mesure. Ces plans incluent des stratégies spécifiques pour augmenter la résilience face aux événements climatiques extrêmes, tels que les inondations et les sécheresses. Les agriculteurs ont été invités à diversifier leurs cultures, à mettre en place des systèmes d’irrigation plus efficaces et à adopter des techniques de culture adaptées aux nouvelles réalités climatiques.
Collaboration et soutien financier
Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration entre divers acteurs, y compris le MAPAQ, la Coopérative FERTIOR, le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie (CERFO), et le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ). Ensemble, ces partenaires ont permis aux fermes de bénéficier de ressources et de conseils précieux tout au long du processus d’adaptation.
Les retombées concrètes pour la région
Les résultats tirés de ce projet ont été publiés dans une technote le 17 mars, offrant un cadre de référence pour les exploitations souhaitant s’engager dans une transition vers des pratiques plus durables. Ce document, qui compile les enseignements des treize fermes participantes, pourrait servir d’exemple pour d’autres producteurs de la région.
Les enjeux de l’intégration au marché du carbone
Une dimension importante dans cette initiative a été l’information sur les possibilités d’intégration au marché du carbone. Avec la mise en place de systèmes de crédit carbone, les agriculteurs peuvent non seulement réduire leur impact environnemental, mais également bénéficier financièrement de leurs efforts pour séquestrer le carbone. Cela représente une opportunité pour les fermes de diversifier leurs revenus tout en contribuant à la lutte contre les changements climatiques.
Un modèle pour l’avenir de l’agriculture
Le projet mené en Chaudière-Appalaches représente un modèle de transition agricole face aux enjeux climatiques. Dans une ère où l’agriculture fait face à de nombreux défis, il est essentiel de partager les meilleures pratiques et d’encourager les collaborations pour faire avancer le secteur. Cette initiative illustre comment l’intégration de pratiques durables et l’adoption de nouvelles technologies peuvent offrir une voie vers un avenir plus résilient.
Les perspectives pour la région
La Chaudière-Appalaches possède un potentiel énorme pour devenir un modèle en matière d’agriculture durable. La mise en œuvre de projets similaires à celui-ci pourrait contribuer à doter davantage de fermes des outils nécessaires pour faire face aux changements climatiques et renforcer la sécurité alimentaire dans la région. À travers ces efforts, les agriculteurs locaux démontrent qu’il est possible d’allier performance économique et responsabilité environnementale.
À travers les efforts déployés dans le cadre du projet d’adaptation aux changements climatiques, les fermes de Chaudière-Appalaches se positionnent non seulement comme des acteurs engagés dans la lutte contre le dérèglement climatique, mais aussi comme des exemples à suivre pour d’autres régions. Pour en savoir plus sur les impacts et les mesures d’adaptation, vous pouvez consulter les informations disponibles sur les sites suivants :
- Un projet pour l’adaptation des fermes de Chaudière-Appalaches
- Vers l’adaptation des fermes aux changements climatiques
- COP28 : 28e Édition de la Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques
- Plans d’action climatique : stratégies essentielles pour un avenir durable
- Bilan carbone et agriculture durable : une double nécessité
- Agriclimat : les régions de Chaudière-Appalaches
- L’éducation au sujet du bilan carbone dans les écoles
- Document sur les changements climatiques en Chaudière-Appalaches
- Changements climatiques : comment éduquer sur le bilan carbone
- Des fermes de Chaudière-Appalaches mieux outillées face aux changements climatiques

Témoignages des agriculteurs de Chaudière-Appalaches
Émilie, agricultrice laitière : « Participer à ce projet a été une véritable révélation pour notre ferme. Grâce aux diagnostics effectués par des experts, nous avons pu identifier les principales menaces climatiques auxquelles nous faisons face. Mettre en place un plan d’action, c’est comme avoir une feuille de route qui nous guide vers une agriculture plus durable. Les conseils sur la gestion des sols et des haies agroforestières ont amélioré notre bilan carbone, tout en rendant notre exploitation plus résiliente. »
Jean, producteur de grandes cultures : « Ce projet nous a permis de réaliser l’importance de s’adapter aux changements climatiques. Avant, nous avions une compréhension limitée des impacts environnementaux. Grâce aux ateliers, nous avons appris à mesurer nos émissions de gaz à effet de serre et à adopter des pratiques qui encouragent la séquestration de carbone. Je suis beaucoup plus confiant avec l’avenir, en sachant que ma ferme joue un rôle positif pour l’environnement. »
Sophie, éleveuse de porcs : « Le soutien apporté par la Fédération de l’UPA nous a permis de mieux cerner les enjeux climatiques. La collaboration avec d’autres fermiers a renforcé notre sentiment de communauté. Ensemble, nous avons partagé des idées et des solutions innovantes. Non seulement j’ai pu réduire notre empreinte carbone, mais j’ai aussi constaté une amélioration de la productivité grâce à des pratiques de culture adaptées. »
Luc, aviculteur : « Au départ, j’étais sceptique quant à ces nouvelles initiatives, mais les résultats parlent d’eux-mêmes. Les conseils reçus sur l’efficacité énergétique et l’utilisation des ressources ont été bénéfiques pour notre ferme. J’ai pu intégrer des pratiques qui réduisent non seulement les émissions de GES, mais qui améliorent aussi le bien-être de mes animaux. C’est un win-win ! »
Marie, cultivatrice de légumes : « Ce projet de soutien dans le processus de crédit carbone a vraiment changé notre manière de travailler. Nous avons appris à diversifier nos cultures pour mieux nous adapter au climat. Cela a aussi créé de nouvelles opportunités sur le marché. L’aspect le plus gratifiant est de voir comment ces changements profitent aux consommateurs, qui prennent conscience de l’importance d’une agriculture durable. »